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Points de vue du président

 
 
   

On n’a pas deux chances en entrevue de sélection…

Même si la dynamique de l’emploi indique un taux de chômage oscillant autour de 5 % depuis quelques mois, ce chiffre significatif représente le plein emploi. Oui, en théorie. La structure de l’emploi a considérablement changé depuis 18 mois. La crise économique a touché la planète entière à l’exception, au Canada, des villes de Québec, Saskatoon et Régina qui ont su tirer leur épingle du jeu.

La grande région de Québec a quand même été touchée dans des secteurs comme la foresterie, les pâtes et papiers et le secteur manufacturier d’exportation. Le secteur des services a également connu une période de réalignement de ses structures organisationnelles et plusieurs entreprises ont subi des régimes minceurs afin de s’ajuster à cette nouvelle réalité.

Un constat qui me frappe depuis quelque temps est que beaucoup de chercheurs d’emplois arrivent non préparés à une entrevue. La raison le plus souvent évoquée est que la personne n’était pas en recherche d’emploi et n’a pas passé d’entrevue depuis 5, 10 ou 15 ans. Les candidats ont parfois toujours occupé le même emploi, ont grandi dans une même organisation et n’ont jamais eu à repasser d’entrevues ou à se chercher un autre emploi. Je fais le même constat pour tout type d’emploi, de la main-d’œuvre non spécialisée au poste de cadre supérieur.

Oui, il y a bien une pénurie de main-d’œuvre spécialisée. Oui, c’est également le cas pour les cadres de haut niveau. Et oui, ces candidats ont le choix… Mais l’employeur également. C’est surprenant de constater qu’encore aujourd’hui, des chercheurs d’emploi arrivent peu ou pas préparés à une entrevue.

Voici mes quatre constats pour la réussite d’une démarche de recherche d’un emploi :

Le premier est qu’il faut toujours se préparer avant une entrevue. Un manque de préparation se traduit par aucune recherche ou curiosité sur l’entreprise ou même le poste de la part du candidat. Avec tous les outils de recherche disponibles de nos jours, c’est inacceptable et pour l’employeur et cela signifie un manque flagrant d’intérêt pour le poste. Par exemple, il est difficile pour les postes de cadres supérieurs de donner une vision stratégique du secteur ou de l’entreprise lorsqu’on a même pas la curiosité d’avoir effectué une recherche ou fait l’effort de connaître l’entreprise avec qui ont fait affaire.

Deuxièmement, il faut avoir un curriculum vitae qui présente bien son parcours professionnel. Là encore, 8 C.V. sur 10 sont surchargés d’informations non pertinentes pour le poste. L’extrême que j’ai déjà vu est un curriculum vitae de 50 pages! Croyez-vous qu’un gestionnaire prendra le temps de lire une brique de 50 pages? Bien sûr que non. Un recruteur passe à peine 3 minutes par curriculum vitae, imaginez un gestionnaire! Ils sont rejetés en majorité.

Un C.V. doit contenir 3 grands blocs et avoir un maximum de 3 pages, même pour les cadres supérieurs. Et oui, être capable de résumer sa carrière est un exercice qui demande beaucoup de réflexion afin d’avoir les mots justes. Le premier bloc est un résumé de son profil, le deuxième une présentation des réalisations pertinentes de sa carrière et la troisième partie doit présenter un historique d’emplois, formations, activités professionnelles et communautaires. Tout cela doit être très court et sans explications, car c’est en entrevue que le candidat pourra élaborer.

Troisièmement, j’ai remarqué que les chercheurs d’emplois qui ont un curriculum vitae chargé se préparent souvent mal à une entrevue de sélection. La plus grande lacune observée est que le candidat connaît mal son C.V. et il n’est pas clair dans ce qu’il recherche comme emploi par rapport à ses forces.

Et finalement, le quatrième constat est que l’habillement doit être soigné et toujours en fonction du type d’emploi convoité. Dans bien des cas, les candidats rencontrés portent leurs plus beaux vêtements et c’est une question de perception qu’il ne faut pas négliger pour garantir le succès d’une entrevue. Ma pire expérience a été vécue lors d’une rencontre de présélection dans un poste de cadre pour laquelle l’individu s’est présenté en chandail de coton ouaté et pantalons de jogging. Je lui ai simplement dit en blague qu’il arrivait de courir et il m’a répondu que non, son complet était chez le nettoyeur.

Mettre toutes les chances de son côté, c’est faire affaire avec des professionnels pour vous guider à la préparation de votre démarche de recherche d’un emploi. Ces quatre constats sont la différence entre chercher et trouver un emploi (ancien slogan de notre entreprise repris par un concurrent). Il faut croire que nous avons de bonnes idées!

En portant attention à ces points, vous augmenterez vos chances de succès lors de vos entrevues.

De son côté, l’employeur reste quand même exigeant et pointu dans sa recherche de talents. Malgré une pénurie de main-d’œuvre spécialisée et de cadres, vous vous devez d’être prêts. Ne jamais perdre de vue que les compétences transférables vont devenir un point de référence pour les employeurs dans un avenir proche.

Marcel Bérubé
Président

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