Un vent d'incertitude plane sur 2011
Nous voilà rendus à la période des Fêtes, période souvent utilisée pour faire le bilan de l’année qui s’achève. Dresser ce bilan est essentiel pour déterminer nos prochaines actions. C’est également l’occasion d’évaluer notre capital humain et d’ajuster nos objectifs pour la prochaine année.
Dans mon secteur d’activité, de façon globale, le premier trimestre 2010 a été relativement solide au niveau de la dynamique de l’emploi. Le secteur manufacturier, grandement touché en 2009, a rebondi lors de ce premier trimestre et, depuis, il a récupéré la presque totalité des emplois perdus en 2009.
Du côté du secteur financier, même son de cloche : 2010 a été une période d’embauche plus solide au deuxième trimestre.
Pour le secteur du tourisme, l’année a été calme et vraiment en deçà de 2008. Les chiffres ressemblent plus à ceux de 2007, si nous voulons réellement comparer. Nous avons été incapables de maintenir le rythme en grande partie en raison des touristes américains brutalement touchés par la récession mondiale.
Du côté de la création d’emploi dans le domaine de la haute technologie, le capital de risque étant beaucoup moins présent dans notre région, l’année a été également tranquille. Cependant, des créateurs de jeux vidéo comme Frima et Beenox, deux entreprises phares dans Saint-Roch, ont continué à embaucher à un rythme soutenu.
Au cours du troisième trimestre, encore là, malgré la création d’emplois dans la grande région de Québec, nous avons passé un passage vide, en particulier pendant juillet. Ce qui, je crois, a sauvé les meubles, c’est la période intense de vacances qui a évité les mises à pied.
Que nous réserve 2011?
Certains facteurs ont un impact direct sur la dynamique de l’emploi : l’économie américaine qui tarde à se remettre en marche, les difficultés des entreprises à recruter une main-d'œuvre spécialisée pour assurer la croissance de leurs entreprises, etc.
Il faut aussi tenir compte des projets d’infrastructure routière qui ont mobilisé en 2010 les firmes d’ingénierie manufacturières ayant perdu énormément d’emplois. Mais ces projets se terminent tranquillement : certains très bientôt et d’autres dans les deux ans à venir. Ensuite, le carnet de commandes sera pratiquement vide. Hors, nous le savons, la vitalité d’une région passe par le nombre de grues et de projets que l’on aperçoit dans le paysage.
Par ailleurs, sur la Rive-Sud, les projets d’INO Parc tardent à prendre leur envol; Rabaska est en dormance, certains projets immobiliers tardent à lever pour des raisons claires ou bien parce qu’ils n’atteignent pas tous les objectifs fixés avant leur construction (2e tour de Cominar, les projets à la tête des ponts, Cité Verte de la SSQ, etc.).
D’autres projets pourraient cependant aboutir : le pipeline d’Ultramar, le Super PEPS et le projet officiel du Groupe Massif (train, hôtel, centre des congrès, etc.).
Il faut donc s’attendre à ce que les deux premiers trimestres de 2011 soient plus difficiles que prévus. Bien entendu, la période des Fêtes saura nous donner un indice de la confiance des consommateurs et, en quelque sorte, donner le ton à la nouvelle année.
Pour l’embauche, décembre s’annonce bon pour les emplois temporaires du commerce de détail, ce qui, venant des commerçants est un signe très positif.
Il est certain que notre région ne peut indéfiniment être à l’abri d’un ralentissement que je qualifierais de temporaire. On peut espérer une accalmie du premier et peut-être du deuxième trimestre pour préparer la relance si, et seulement si, les paramètres économiques sont au rendez-vous, surtout ceux de nos voisins du Sud et du même coup de l’indice mondial. Notre région doit absolument régler les pénuries de main-d’œuvre spécialisée afin d’éviter de ralentir notre propre développement.
De Joyeuses Fêtes! Au plaisir d’écrire pour vous en 2011!
Marcel Bérubé
Président
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