La pénurie de main-d’œuvre spécialisée = immigration
Depuis quelque temps, la grande région de Québec Chaudière-Appalaches vit une pénurie de main-d’œuvre spécialisée, et ce, malgré le ralentissement de l’économie mondiale dont la date de fin nous est inconnue tout comme le portrait de l’économie de demain. Plusieurs facteurs sont la cause de cette pénurie : le vieillissement de la population (d’ici 2025, plus de 40 % des travailleurs seront à la retraite), le taux de chômage extrêmement bas (moins de 5 % pour Québec et moins de 8 % pour Chaudière-Appalaches) et par-dessus tout, la croissance démographique régionale des 15 dernières années qui est trop faible pour engendrer une dynamique de l’emploi positive. Si nous voulons aider notre région à sortir de cette torpeur et assurer une croissance à notre économie, nous devrons inévitablement passer par l’immigration.
Dans un premier temps, il faut penser à l’immigration interrégionale et tenter de séduire les travailleurs des régions durement touchées par le ralentissement économique. Nous avons aujourd’hui de bons ingrédients pour y arriver : notre région est attrayante, sécuritaire, dynamique, belle et rayonnante! Le Maire de Québec Régis Labeaume, la Mairesse de Lévis Danielle Roy-Marinelli et les entrepreneurs de Québec Chaudière-Appalaches ont su la positionner et en faire un lieu séduisant pour y construire un avenir. Il n’y a jamais eu autant de candidats montréalais motivés à venir s’installer dans notre région… même que plusieurs entreprises y font de la prospection en vue d’y déceler un marché potentiel pour ensuite s’y établir. Avec les retombées positives engendrées par le 400e anniversaire de notre belle ville, il n’y a pas meilleur moment pour charmer nos voisins. Mais est-ce que les immigrants interrégionaux seront suffisants pour répondre à la demande? Il serait utopique d’y croire!
Donc, dans un deuxième temps, le grand territoire de Québec devra davantage s’ouvrir à l’immigration internationale. Mais attention! Nous ne devons absolument pas faire les mêmes erreurs commises par la France et même par Montréal à certains niveaux. Il ne s’agit pas seulement d’accroître à tout prix sa population, mais bien d’accueillir des gens spécialisés dans des secteurs spécifiques où la demande de main-d’œuvre est élevée.
Pour y arriver, il est impératif de reconnaître, en premier lieu, les études réalisées à l’étranger et permettre aux arrivants de faire valoir leurs compétences acquises dans leur domaine (il y a déjà un grand pas de fait entre le gouvernement du Québec et la France). En deuxième lieu, il faut s’assurer de bien encadrer les nouveaux arrivants et d’aider les anglophones ou allophones à apprendre correctement le français.
Selon une étude du Comité Québec multilingue, il est extrêmement difficile pour les nouveaux arrivants, sans expériences pertinentes au Québec ou au Canada, de se trouver un premier emploi. Cette étude démontre également qu’il n’est pas rare qu’un immigrant nouvellement arrivé doive patienter en moyenne jusqu’à 11 mois avant de se trouver un emploi respectable, et pas nécessairement relié à ses qualifications.
Quand on y pense… avoir autant de mal à se trouver un bon emploi malgré le taux de chômage sous la barre des 5 % et la rareté de la main-d’œuvre, il y a de quoi décourager tout immigrant qualifié! En moyenne, 31.4 % de ces travailleurs prendront la décision de quitter notre région après y avoir vécu seulement 2 ans.
Quelles actions devons-nous poser pour changer cette réalité?
- Améliorer l’accès au marché du travail par une meilleure reconnaissance des diplômes, des équivalences et de l’expérience.
- Donner l’opportunité aux anglophones et allophones de démontrer ce qu’ils sont capables de faire et éliminer les préjugés.
- Donner la possibilité aux immigrants de faire des stages en entreprises et offrir des crédits de stage pendant le cours de francisation.
- Éduquer les Québécois et les employeurs au sujet de l’intégration sur le marché du travail des anglophones et allophones.
En bref, l’avenir et la bonne santé économique de notre grande région passeront incontestablement par l’immigration, qu’elle soit interrégionale ou internationale. Dans un cas comme dans l’autre, nous devrons réserver un accueil irréprochable aux nouveaux arrivants et les préparer à faire face aux différentes réalités. Une bonne préparation éliminera les surprises et aidera sans contredit à la rétention de cette nouvelle main-d’œuvre. À nous de travailler à cette belle réussite!
Retour à la liste d'articles |