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Les femmes entrepreneures et la relève en entreprise


Depuis une vingtaine d’années, les femmes entrepreneures ou sur le marché du travail représentent une part croissante du marché de l’emploi.

Quelques statistiques nous permettent de réfléchir aux perspectives de croissance de l’entrepreneuriat féminin. De 1981 à 2001, au Québec, le taux de croissance de celui-ci était de 213 % versus 23 % pour l’entrepreneuriat masculin. On peut noter que plus de 50 % de la population active est féminine et l’on constate le même phénomène chez les diplômés universitaires.

Les études démontrent que les femmes entrepreneures sont en général plus jeunes que leurs homologues masculins et qu’elles gèrent des entreprises plus jeunes et de taille moindre que celles des hommes, que ce soit en termes de volume de ventes ou de personnel.

Leur mode de gestion se différencie de celui des hommes puisqu’elles favorisent une structure horizontale ou un mode de gestion souple. Elles encouragent la participation, le partage du pouvoir et de l’information.

Elles ont plusieurs centres d’intérêt dans la vie : la famille, le travail et autres, comparativement aux hommes, qui accordent en grande majorité plus d’importance à leur profession.

En raison d’une résistance à prendre des risques et d’une volonté à réserver du temps pour la famille, la croissance de leurs entreprises n’arrive pas en tête dans leurs priorités.

La succession d’entreprises familiales chez les femmes

Peu d’études se sont penchées spécifiquement sur la situation de la relève chez les femmes. Cependant, on constate que l’entreprise est plus souvent léguée au fils qu’à la fille, qui semble éprouver des difficultés à être reconnue comme successeur acceptable, crédible et surtout légitime aux yeux de ses parents, fondateurs de l’entreprise. Elle est nommée comme successeur plus souvent lors d’une situation de crise (santé, refus du frère, etc.). En effet, pour préserver l’entreprise au sein de la famille, le dirigeant (mère ou père) accepte de la léguer à sa fille, qui agit comme sauveur. On remarque aussi qu’une fille se retrouve à la tête de l’entreprise à un âge beaucoup plus avancé (40-50 ans) qu’un garçon.

Comme vous pouvez le constater, plusieurs préjugés et perceptions sont encore bien présents. Les femmes relevant le défi de prendre le relais de l’entreprise familiale ou qui ont l’ambition d’en démarrer une ont beaucoup de mérite, mais demeurent encore aujourd’hui une exception. Lentement mais sûrement, cette situation est appelée à changer au cours des années à venir.

Dans mon prochain article, je vous parlerai de la résistance du fondateur face à la transmission de l’entreprise à sa fille.

Référence tiré : HEC Paris, Études sur le genre et la diversité en gestion

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