La Foire de l’emploi pour les C et certains Y :
un moment pour revenir sur terre…
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Au début du mois de mars dernier, la 13e édition de la Foire de l’Emploi a eu lieu à Québec. À ma grande surprise, dès le début du salon, l’achalandage y était assez impressionnant et constitué de chercheurs d’emplois et de curieux de qualité. Habituellement, dans sa première journée, le salon sert beaucoup plus d’outil aux agents d’Emploi-Québec qui incitent les chômeurs chroniques à s’y présenter.
Avec un taux de chômage de 5 %, presque le plein emploi selon les statistiques des éco-nomistes, et une centaine d’entreprises présentes qui cherchaient surtout de la main-d’œuvre spécialisée, j’ai trouvé très intéressant de me promener, d’observer le profil des personnes présentes, de poser des questions et, par la suite, d’y réfléchir en prenant plus de recul.
En tant qu’instigateur de cette foire il y a 14 ans, je suis un de ceux qui portent une attention particulière à cet événement, qui, selon moi, devrait se remettre en question chaque année afin d’assurer sa survie. Il ne faut pas juste dire que c’est un succès parce qu’il y avait foule et que c’est bon pour les photos de nos politiciens…
Pour la centaine d’entreprises présentes, ce salon représente un investissement à long terme pour se faire voir, se faire connaître et entrer en contact direct avec des candidats de tous âges. J’ai d’ailleurs été agréablement surpris de voir sur place plusieurs jeunes de la génération C (moins de 20 ans) et Y (20-35 ans). C’est rafraîchissant, car ces deux générations passent beaucoup de leur temps à cyberflâner ou à s’isoler avec des Ipods et autres gadgets du genre et socialisent peu. Oui, l’Internet, les sites d’emplois et les réseaux sociaux sont in pour une recherche d’emploi, mais, dans les prochaines décennies, le contact humain deviendra toujours une priorité chez les employeurs. J’ai donc vu une nouvelle utilité à la Foire de l’emploi qui leur a fait décrocher de leur monde virtuel pour les inciter à socialiser et à se magasiner une carrière en face à face. Ce côté humain m’a sauté aux yeux cette journée-là.
D’un autre côté, j’ai remarqué la présence sur place de beaucoup de chercheurs d’emplois âgés de 55 ans et plus. Ceci représente vraiment la triste réalité des préjugés forts face à cette catégorie de main-d’œuvre qui reste sous-utilisée. À un certain mo-ment, les entreprises n’auront pas le choix de se tourner vers eux ainsi que vers les im-migrants qui étaient également présents en grand nombre à la Foire de l’emploi.
Les chercheurs d’emploi qui se sont présentés à cette Foire représentaient un bon portrait de la main-d’œuvre disponible et de la réalité du taux de chômage de la grande région de Québec-Chaudière-Appalaches : des jeunes, des chercheurs d’emplois de 55 ans et plus, ainsi que des immigrants; des chercheurs d’emploi qui, en grande majorité, n’avaient pas de spécialisation.
L’avenir de la Foire de l’emploi est, selon moi, assuré de deux façons : premièrement en permettant aux jeunes de rester « groundés » à la réalité et de les faire sortir de leur zone de confort du web; deuxièmement, en permettant à une bonne majorité des gens à la recherche d’un nouveau défi de trouver une formation dans un délai raisonnable afin de se repositionner sur le marché du travail. Ce signal ne semble pas encore sur le radar d’Emploi Québec. Je le dis et je le répète, l’avenir passera par une foire d’emplois et de formations!
L’équation est simple : le manque de main-d’œuvre spécialisée versus les postes offerts est criant et inquiétant pour la croissance et l’économie de notre région à moyen et à long terme. L’enjeu majeur est de mettre à l’emploi la nouvelle génération le plus rapi-dement possible et de s’assurer que cette relève est bien formée par nos baby-boomers qui eux, n’attendent que ça.
Marcel Bérubé
Président
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