L’immigration dans les régions rurales du Québec :
les difficultés d’intégration et les solutions possibles |
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Le thème de l’immigration n’est pas nouveau en soi et je ne vous apprendrai rien en vous mentionnant que la problématique de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée n’ira pas en diminuant. Lorsque nous parlons d’immigration, nous avons en tête les grands centres urbains, Montréal étant la destination privilégiée. Mais qu’en est-il des régions rurales? L’un des plus grands défis des prochaines années, pour les entreprises de ces régions, sera d’attirer et de retenir ces « néo-Québécois ». Toutefois, les régions désireuses d’attirer cette main-d’œuvre devront surmonter plusieurs difficultés.
Pour les nouveaux arrivants, les régions plus « éloignées » représentent un défi supplémentaire. Premièrement, comme les communautés culturelles sont davantage urbaines, le fait d’aller en région plonge les immigrants dans un tout autre univers qui leur est inconnu, le choc culturel s’avère considérable. En outre, comme le Québec occupe un territoire très vaste, les régions rurales sont victimes de leur éloignement et les distances à parcourir en effraient plus d’un. Ajoutons à cela une méconnaissance du territoire car rares sont les personnes qui partent à la découverte des régions rurales, et cette réalité s’applique tout autant aux Québécois de souche.
Par ailleurs, la présence très limitée de transports en commun rend les déplacements plus complexes pour les immigrants ne possédant pas de voitures. De plus, la précarité de certains emplois (temporaires, contrats) ainsi que les frais liés au déménagement peuvent aussi constituer un frein important. En outre, la disponibilité plus limitée au niveau du logement rend la tâche fort ardue pour un nouvel arrivant ne possédant pas de réseaux de contacts pour l’appuyer dans ses recherches. Finalement, comme les salaires sont souvent légèrement inférieurs en régions éloignées, il peut sembler peu tentant pour les immigrants de déménager leur chez-soi. Une fois ces personnes installées, le plus dur reste à accomplir, soit de les intégrer pleinement dans leur nouvelle région.
Toutefois, en usant d’imagination, les entreprises établies en régions peuvent aisément trouver des solutions peu onéreuses pour contrer ces difficultés. Débutons par la quasi-absence de transport en commun. D’une manière très simple, les gestionnaires peuvent mettre en place un système de covoiturage. À l’ère de l’électronique, celui-ci peut même être ajouté sur l’intranet de l’organisation, ce qui permet aux employés de s’inscrire en ligne. En outre, les entreprises ne sont pas laissées à elles-mêmes, car plusieurs organismes d’aide à l’immigration sont bien structurés pour répondre à leurs demandes, comme par exemple le SOIIT pour la région de Québec et le SARI pour la région Chaudière-Appalaches. En complicité avec ces organismes, les entreprises peuvent se mettre ensemble pour faire connaître leur région aux immigrants, on peut penser ici à des visites d’usines.
En ce qui concerne les problèmes d’hébergement, comme les entreprises sont bien établies dans leur région, il leur est assez aisé de dresser une liste des logements disponibles, et ce, tout autant pour les logements temporaires que permanents. Les différents Offices municipaux d’habitation peuvent être d’un grand secours dans ce cas.
Une fois les personnes attirées en région, il faut s’assurer de les retenir. C'est pourquoi l’intégration autant au niveau de la collectivité que dans l’entreprise est essentielle. Assez aisément, les entreprises peuvent rédiger un guide de bienvenue présentant les différents services offerts dans la municipalité (CLSC, école, centre sportif). De plus, une méthode pratique pour faciliter l’intégration est de proposer directement aux immigrants de participer aux différents organismes communautaires de la région. Vous serez surpris de constater le nombre de personnes désireuses de s’impliquer. En plus de rendre service à la communauté, cela permet aux immigrants de briser leur isolement et donc de faciliter leur intégration.
Bien évidemment, cela n’est qu’un bref survol des mesures possibles pour attirer hors des grands centres urbains les « néo-Québécois », mais avec un minimum d’efforts et des moyens assez simples on peut arriver à des résultats étonnants!
Michel L'Espérance
Conseiller en ressources humaines
Groupe Perspective
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